Créateurs invités

Jean-Baptiste Blom, photographiste - photographist

Jbblom

Aprés avoir fait des études à Peningen et à la prestigieuse Rode Island School of Design, Providence-USA (Rode Island School of Design), Jean-Baptiste BLOM a commencé une parcours de graphiste en associant étroitement trois pratiques artistiques : le dessin, la peinture, la photo. Il se veut d'abord électron libre, période au cours de laquelle il réalise les travaux de commande novateurs (à titre d'exemple, il est associé à la nouvelle direction artistique du Nouvel Observateur et crée plusieurs couvertures marquantes pour l'hebdomadaire. Décidé à donner un cadre plus large et pérenne à son travail, il fonde avec Juliette Weisbuch le studio POLYMAGO.

Depuis quelques années, Jean-Baptiste est revenu à une pratique de créateur indépendant pour concilier d'un côté, un travail de commandes pour des entreprises, fondations et institutions culturelles de l'autre, un travail artistique autour du "photographisme". "Il définit le photographisme comme un dispositif plastique associant la photographie et le dessin, aboutissant à la capture d'installations éphémères" ... Il exposera ses créations du 20 au 31 Mars 2008 (vernissage Jeudi 20 Mars 18h) Au cabinet d'amateur - 12, rue de la Forge
Royale - 75011

Drapeaux_anglais_us_14 Having been educated in the Paris Peningen school of design and at the prestigious Rode Island school of Design, Providence-USA (Rode Island School of Design), Jean-Baptiste BLOM began a carrier of graphic designer closely combining three artistic disciplines: drawing, painting, photography. Initially he started as a "free electron", during which he directed creative projets (for example, he was associated with the new artistic direction of the Nouvel Observateur and created several significant covers for the weekly. Commited to create a broader and lasting scope for his work, he founded with Juliette Weisbuch the POLYMAGO studio.

In recent years, Jean-Baptiste returned to a practice of independent creator to reconcile on the one hand, assignments on behalf of corporations, foundations and cultural institutions on the other hand, an artistic work around the "photographism". He defines the photographism, as an "artistic model combining photography and drawing, leading to the capture of ephemeral installations" ... He will be exhibiting his creations from 20 to 31 March 2008 (opening Thursday, March 20 18h) The cabinet amateur - 12, rue de la Forge Royale - 75011

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Créateurs invités

Claude Acker : tissages insolites

Drapeaux_anglais_us_4 claude Acker's interview

Ca_designer_textile_2 Quel type de créatrice êtes-vous ?

Je me définis comme une « designer textile chaîne et trame ». En fonction de mon humeur, de ce que je ressens, je réunis toute sortes de matières, rubans, raphia, fils de soie, de coton, papiers, paillettes,perles. J’assemble par couleurs, effets de transparence, géométries, poétiques variables. Je ne fais ni croquis ni dessins, j’avance au gré des fils.

Quand mes doigts sont occupés, j’ai l’esprit libre, je ne m’ennuie pas, j’ai du courage ! J’en profite pour réfléchir à ma pratique, à mes agencements personnels. Mais je tisse pour le regard des autres, pour que mes créations voyagent.

Quelles sont les applications de votre travail ?

Des réalisations aux destinations très variées. J’aime embellir mais aussi que le tout reste léger, amusant, dérisoire, fasse rire ! Une « emberlificoteuse » en quelque sorte ! J’ai appris le métier de la tapisserie à l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs d’Aubusson et j’en garde le goût de  la rigueur et du travail de grande qualité. « Cent fois sur le métier »…Quand je me promenais dans cette ville et passais sur le pont, certaines personnes m’appelaient « La Fille des Arts », et cela m’est resté…

Puis voulant « sortie du cadre » je me suis initiée à d’autres techniques. J’ai suivi des stages professionnels (maitre lissier)  et j’ai aussi appris dans des lieux où j’ai enseigné (peinture sur tissu, batik). Le carcan de l’apprentissage, les figures imposées, toujours défaire et recommencer m’avaient beaucoup coûté. Je me suis mise alors à travailler le papier.

Version_couture_4 Les hasards de la vie m’ont permis de rencontrer quelqu’un qui faisait un beau métier : il était « ennoblisseur » de tissus. Il m’a suggéré de montrer mes créations aux grands couturiers. J’ai donc pris mon courage à deux mains et je suis allée me présenter. Le premier à les remarquer a été Christian Lacroix. Il était très intéressé par mon travail tout en demandant si, au-delà du papier, je savais travailler les fils…J’ai donc fait « machine arrière », je suis revenue à mon savoir-faire ancien afin de m’adapter à ses propres recherches.

J’ai « enchaîné » ensuite avec John Galliano, Ungaro, Dior, Chanel. J’avais pendant quelques années fabriqué beaucoup de pièces tissées pour un personnage un peu étrange mais talentueux comme on en rencontre dans ces milieux, qui avait monté un Atelier de « couturier tisserand ». Nous étions trois filles, qui tissions des mêtres toute la journée pour les tissus de Haute-Couture.

Bracelet_like_a_bird_2 Pour les Collections des créateurs j’ai apporté une touche plus personnelle, avec des bijoux en fil armé, où s’accrochaient des perles, des papiers tressés, des plumes, des paillettes. Il s’agissait souvent de commencer sur une trame un peu  rugueuse puis d’ajouter des éléments plus luxueux comme des perles ou des plumes . J’ai ainsi « détourné » des centaines d’exemplaires du journal « Le Monde », en tressant des bandes de papier tirées des informations, des faits divers, de sujets que je choisissais pour les faire ensuite disparaître ! J’ai aimé confectionner des ceintures, des colliers, des accessoires hauts en couleurs. J’ai connu ce monde de l’incessante créativité - du génie parfois - de la fébrilité, des engouements, du caprice, du rejet de ce qu’on a adoré. Je ne sais pas si je voudrais y retourner…J’y ai connu et aimé le « Maitre » brodeur : François Lesage, patient et réservé, tellement inspiré et si soucieux de nouer les fils, pour que cela ne s’arrête jamais…

Donc une trajectoire à la trame très particulière ?

C’est vrai que j’ai eu beaucoup de mal à me défaire de ce que j’avais appris. Mais je sais aujourd’hui que la rigueur, « l’armature », l’obsession du travail bien fait m’offrent la liberté, presque l’insouciance du jugement sur ce que je fabrique. Je tisse de l’éphémère, et alors ?! J’ai envie de travailler le fil de scoubidous, je m’y mets ! On me suggère de faire un luminaire, cela devient une sculpture en grillage, rubans et papier devant laquelle rêver …

Histoire_damour Le recours à l’imaginaire joue un rôle très important. J’ai aussi travaillé sur les mots, évidemment ! J’ai tissé un nombre incalculable d’histoires, tracées au feutre de couleur à l’endroit, à l’envers, en écriture automatique ou en histoires déroulées puis « empapillotées » et montées en bijoux ou en objets. Des récits cachés, des émotions entortillées, une manière de se souvenir et d’oublier, quelquefois en utilisant la technique de tapis persan élaborée pour nouer, réinventée pour dénouer…

La liberté, c’est aussi de n’être pas pressée, d’être un peu en pointillés…Et de passer beaucoup de temps au contraire pour réaliser, peaufiner, redéfaire un point mal noué même si personne ne le verra jamais. C’est curieux, je n’aime pas tellement exposer ce que je fais, mais je ne me résous pas à cacher les défauts de technique dans l’entrelacs du tissage…ça, jamais !

Puisque vous n’aimez pas cacher, comment aimez vous montrer vos créations ?

J’ai tant de choses accumulées ! Je n’ai jamais arrêté de tisser de ma vie. J’ai prêté, offert, gardé, jeté. Pour les grands couturiers, j’avais pris l’habitude de répertorier les matériaux et les prototypes dans des boites. Sortir tous ça des cartons pour montrer, il me semble que je ne pourrais pas !…Quelquefois aussi, je me dis que les créations sont l’œuvre ou l’inspiration d’un moment. Qu’il faut savoir passer à autre chose. Rebondir, voilà ce qui m’intéresse et m’amuse. Enfant,je voulais faire l’école du cirque…

Mais j’ai la passion de transmettre. J’ai donc accepté de passer beaucoup de temps avec une maison d’édition, Dessain & Tolra, pour la parution d’un ouvrage « Tissages insolites » (sortie Septembre 2008) dont je suis auteur et illustratrice, pour mettre à plat certaines techniques et leurs applications. Il y a eu bien sûr des contraintes qu’il a fallu respecter, j’ai préféré m’y plier plutôt que l’on « brode » autour de moi. Je tenais à « insolites », car c’est cela tisser…

Quelle serait la commande idéale ?

Celle qui  serait associée à faire « voyager » ma pratique et me permettrait de transmettre mes outils de création afin que d’autres puissent se les approprier. Je l’ai déjà fait en participant à des projets à l’étranger, en Afrique, au Maghreb, au Cap Vert, à Dubaï. J’aime bien être sur un pied d’égalité avec des populations locales qui ont aussi des techniques ancestrales à « faire passer ».

Celle qui me permettrait d’innover : comme en ce moment où je participe à une création en travaillant sur des costumes de ballet. Je m’en donne à cœur-joie, de ces frous-frous qui devront bouger tout en restant en place !

Celle que je ne connais pas encore…

Celle qui permettrait d’associer créer, prendre soin de soi et se soucier des autres…

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LADY T.


Créateurs invités

France Thiérard, créatrice de bijoux: en sautoir, des perles et des mots - jewelry designer : inserting words into parure

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Drapeaux_anglais_us_13 France Thiérard's interview 

France Thiérard, vous êtes créatrice de bijoux. Depuis quand et qu’est-ce qui vous a conduit sur ce chemin ?

C’était il y a trois ans et c’est pour moi une jolie histoire. La ville de Venise aura joué un rôle déterminant. Je m’y rendais fréquemment pour rechercher une inspiration et un matériaux dans la perspective d’écrire un guide insolite sur la ville. J’avais publié auparavant un livre sur la Comédie Française « Chère Comédie Française » qui m’avait procuré beaucoup de plaisir et je voulais rester dans la veine de l’écriture...

Curieusement et subitement au cours de cette quête vénitienne, j'ai été fascinée par des perles anciennes de Murano alors que les perles en général ne m’ont jamais intéressé. Petite fille, je ne m’étais jamais livrée au jeu d’enfiler des perles et de faire des colliers. Mon intérêt pour les bijoux est beaucoup plus tardif, lié à mes voyages d’où je ramenais, un peu comme les explorateurs, des trésors qui n’avaient qu’une valeur symbolique.

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